{"id":4805,"date":"2021-10-05T12:44:33","date_gmt":"2021-10-05T12:44:33","guid":{"rendered":"https:\/\/traverse.e-hist.ch\/?page_id=4805"},"modified":"2026-06-18T09:05:29","modified_gmt":"2026-06-18T09:05:29","slug":"call-for-papers","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/revue-traverse.ch\/fr\/call-for-papers\/","title":{"rendered":"Call for Papers"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-vivid-red-color has-text-color has-link-color wp-elements-67da9388ff2b88b020b278a82c9778a7\">F\u00e9minicide (1\/2028)<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00e9d. Pauline Milani, Matthias Ruoss, Isabelle Sch\u00fcrch<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le f\u00e9minicide est la forme la plus grave de violence sexiste: le meurtre d\u2019une femme du simple fait qu\u2019elle est une femme. Les f\u00e9minicides ne sont pas des cas isol\u00e9s, historiques ou r\u00e9gionaux. Ils s\u2019inscrivent dans le continuum de la violence \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes et se produisent partout o\u00f9 existent des structures patriarcales.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Bien qu\u2019il y ait eu auparavant des tentatives pour d\u00e9finir les meurtres de femmes li\u00e9s au genre, le concept de f\u00e9minicide n\u2019a \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9 qu\u2019\u00e0 la suite du Tribunal international des crimes contre les femmes, qui s\u2019est tenu \u00e0 Bruxelles en mars 1976 (Giacinti 2025). Diana H. Russell, une participante \u00e0 cet \u00e9v\u00e9nement, a ensuite co\u00e9crit avec Jill Radford l\u2019ouvrage fondateur Femicide: The Politics of Woman Killing (1992). Dans les ann\u00e9es 1990 \u00e9galement, Karen Stout a d\u00e9montr\u00e9 que le danger mortel pour les femmes provenait principalement de leurs partenaires et des membres masculins de leur famille au sein de leur propre foyer (\u00abintime femicide\u00bb). Au cours des dix derni\u00e8res ann\u00e9es, le terme \u00abf\u00e9minicide\u00bb a finalement trouv\u00e9 une place plus large dans le paysage m\u00e9diatique, dans les d\u00e9bats p\u00e9naux et politiques, mais aussi dans les sciences historiques. Le collectif f\u00e9ministe \u00abNi una menos\u00bb a jou\u00e9 un r\u00f4le d\u00e9cisif \u00e0 cet \u00e9gard: depuis 2015, il descend dans la rue en Argentine pour lutter contre le \u00abfeminicidio\u00bb syst\u00e9mique, tout en soulignant le r\u00f4le historique et actuel de l\u2019\u00c9tat (en particulier de la junte militaire) dans l\u2019histoire de la violence sexiste \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce num\u00e9ro th\u00e9matique part du principe que le \u00abf\u00e9minicide\u00bb ne doit pas \u00eatre abord\u00e9 uniquement au cas par cas, mais dans le cadre d\u2019un \u00abcontinuum f\u00e9minicidaire\u00bb (Taraud 2022): le f\u00e9minicide est rendu possible par les structures patriarcales \u2013 il convient d\u2019en tenir compte d\u2019un point de vue historique, notamment pour ne pas perdre de vue la responsabilit\u00e9 masculine dans les f\u00e9minicides. En effet, les recherches historiques et sociologiques ont r\u00e9fut\u00e9 l\u2019id\u00e9e selon laquelle le f\u00e9minicide serait simplement l\u2019expression d\u2019un \u00e9lan \u00e9motionnel ou un \u00abmeurtre passionnel\u00bb. D&rsquo;un point de vue historique, la violence \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des femmes a toujours \u00e9t\u00e9 attis\u00e9e et l\u00e9gitim\u00e9e par les st\u00e9r\u00e9otypes (par exemple, la sorcellerie, l&rsquo;h\u00e9r\u00e9sie), la discrimination (par exemple, la prostitution, l\u2019avortement) et les rapports de force in\u00e9gaux (par exemple, le droit matrimonial, le droit successoral, l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019\u00e9ducation, la participation politique, etc.).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les contributions \u00e0 ce num\u00e9ro aborderont, sous plusieurs perspectives, diff\u00e9rents contextes historiques dans lesquels des f\u00e9minicides ont eu lieu. On peut par exemple penser au cadre familial, aux institutions \u00e9tatiques, \u00e0 l\u2019expansion coloniale, aux guerres, aux soins de sant\u00e9, \u00e0 l\u2019\u00e9ducation, aux m\u00e9dias ou \u00e0 la culture populaire. Les contributions peuvent s\u2019interroger sur la mani\u00e8re dont les repr\u00e9sentations sociales, \u00e9conomiques, culturelles ou religieuses, telles que celles de la \u00abpropri\u00e9t\u00e9\u00bb, du \u00absacrifice\u00bb, de \u00abl\u2019honneur\u00bb ou de la \u00abpassion\u00bb, ont influenc\u00e9 la reconnaissance de la violence sexiste, ainsi que sur leurs cons\u00e9quences en mati\u00e8re de sanction, d\u2019att\u00e9nuation de la peine, voire d&rsquo;impunit\u00e9. La question des acteurs historiques et des actes eux-m\u00eames rev\u00eat \u00e9galement une importance particuli\u00e8re. Enfin, nous recherchons des contributions qui abordent le f\u00e9minicide dans une perspective historique en mettant en lumi\u00e8re ses imbrications intersectionnelles complexes avec d&rsquo;autres formes de discrimination (racisme, colonialisme, transphobie, classisme, capacitisme, \u00e2gisme, etc.). Fondamentalement, les articles devront d\u2019une part discuter de la mani\u00e8re dont les f\u00e9minicides peuvent \u00eatre abord\u00e9s sous un angle historique et (trans)p\u00e9riodique, et d\u2019autre part interroger les conditions historiques qui ont permis l\u2019\u00e9mergence r\u00e9currente de ce ph\u00e9nom\u00e8ne syst\u00e9mique et persistant de violence sexiste envers les femmes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le dossier th\u00e9matique sera publi\u00e9 dans le num\u00e9ro 1\/2028 de <em>traverse<\/em>. La premi\u00e8re version des manuscrits devra \u00eatre soumise pour le 15 janvier 2027. Les articles ne doivent pas d\u00e9passer 30\u2019000 caract\u00e8res (espaces compris) et seront soumis \u00e0 une proc\u00e9dure de double-blind peer review. Pour les directives formelles et les instructions \u00e9ditoriales, voir <a href=\"https:\/\/revue-traverse.ch\/fr\/proposer-un-article\/formale-vorgaben-fuer-traverse\/\">https:\/\/revue-traverse.ch\/fr\/proposer-un-article\/formale-vorgaben-fuer-traverse\/<\/a>.<br>Nous invitons les personnes int\u00e9ress\u00e9es \u00e0 envoyer un abstract (environ 400 mots), une notice biographique d\u2019une demi-page maximum et leur liste de publications <strong>avant le 1er septembre 2026<\/strong> \u00e0 <a href=\"mailto:pauline.milani@unifr.ch\">Pauline Milani<\/a>, <a href=\"mailto:matthias.ruoss@unifr.ch\">Matthias Ruoss<\/a> et <a href=\"mailto:isabelle.schuerch@univie.ac.at\">Isabelle Sch\u00fcrch<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">R\u00e9f\u00e9rences cit\u00e9es:<br>Giacinti Margot, Le commun des mortelles: faire face au f\u00e9minicide, Quimperl\u00e9 2025.<br>Radford Jill et Russell Diana E. H. (\u00e9ds.), Femicide: the politics of woman killing, New York 1992.<br>Taraud Christelle (\u00e9d.), F\u00e9minicides: une histoire mondiale, Paris 2022.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"https:\/\/revue-traverse.ch\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/CfA_Feminicide-Femizid_traverse_f.pdf\"><strong>CfP F\u00e9minicide (f)<\/strong><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>F\u00e9minicide (1\/2028) \u00e9d. Pauline Milani, Matthias Ruoss, Isabelle Sch\u00fcrch Le f\u00e9minicide est la forme la plus grave de violence sexiste: le meurtre d\u2019une femme du simple fait qu\u2019elle est une femme. Les f\u00e9minicides ne sont pas des cas isol\u00e9s, historiques ou r\u00e9gionaux. 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