Marc Perrenoud

La Grève générale à La Chaux-de-Fonds

Bien implantées dans les Montagnes neuchâteloises depuis le XIXe siècle, les organisations ouvrières ont participé massivement à la grève générale, malgré les réticences de certains dirigeants syndicaux et la position compliquée des membres socialistes de l’exécutif. Les problèmes sociaux et les difficultés économiques élargissent l’écho des revendications. Par ailleurs, les milieux patronaux et nationalistes se sont organisés, notamment grâce à la section locale de la Nouvelle Société Helvétique. La francophilie triomphante et le corporatisme horloger ont conjugué leurs effets pour favoriser l’émergence d’un mouvement d’opposition à la grève générale. Les expériences de l’occupation de la ville en 1904 et en 1917 qui avaient provoqué un essor de l’antimilitarisme ont été assimilées. Les nationalistes chaux-de-fonniers ont ainsi convaincu les autorités cantonales de ne pas ordonner l’intervention de l’armée. Les manifestations organisées de part et d’autre ont mobilisé des milliers de personnes, sans aucun incident violent. Les polémiques spectaculaires se combinent avec des facteurs qui aboutiront à la paix sociale.

Paru dans: traverse, 2018/2, p. 231.

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