Zoé Kergomard

De la représentation-mandat à la représentationfiguration? Les processus de sélection et de promotion des candidat·e·s au Conseil national des années 1940 aux années 1980

Alors qu’ils permettent de mieux comprendre l’évolution des modes de légitimation de la représentation parlementaire, les processus de sélection des candidat·e·s aux élections restent encore peu connus. Cet article se penche sur cette question concernant les élections au Conseil national entre les années 1940 et 1980. Derrière la stabilité des résultats électoraux, cette période voit la montée en puissance d’une « représentation-figuration » autour de critères tels que le genre, l’âge ou la profession par rapport à la conception antérieurs de « représentation-mandat » centrée sur un lien de confiance entre électeurs et élus méritants. Ce souci de représentativité sociale est cependant entré en conflit avec la persistance de logiques de reproduction du capital politique. Bien souvent, l’« impératif représentatif» s’est alors limité aux positions peu ou non éligibles sur les listes, ce qui explique les « distorsions » de la représentation observables entre les profils des candidat·e·s et ceux des élu·e·s.

Paru dans: traverse, 2018/3, p. 89.

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